⏱️ En bref
- La nattokinase n’est pas considérée comme dangereuse pour la majorité des personnes en bonne santé.
- Les risques concernent surtout les personnes sous anticoagulants ou avec des troubles de la coagulation.
- Une prudence s’impose avant une opération chirurgicale ou en cas d’antécédents cardiovasculaires lourds.
- Elle n’est pas dangereuse en soi pour les varices, mais doit s’intégrer dans une prise en charge globale.
- Dans les situations particulières ou en cas de doute, un avis médical reste indispensable.
Non, la nattokinase n’est pas dangereuse pour la plupart des personnes. Cette enzyme issue du natto, un aliment traditionnel japonais consommé depuis des siècles, bénéficie d’une excellente bonne tolérance dans les études cliniques. Les risques réels concernent uniquement des populations spécifiques, dans des contextes bien identifiés.
Le nattokinase fait partie de l’alimentation japonaise depuis plus de 1 000 ans. L’enzyme qui en est extraite, la nattokinase, a fait l’objet de recherches depuis les années 1980. Les données disponibles montrent une sécurité d’emploi satisfaisante chez les sujets sains, sans antécédents cardiovasculaires majeurs ni traitement anticoagulant en cours.
Pourtant, le sujet des « dangers » de la nattokinase revient régulièrement. Cette perception tient principalement à son action sur la fibrine, une protéine impliquée dans la coagulation sanguine. L’idée reçue « fluidifie le sang = dangereux » s’est répandue, alors que la nattokinase agit par un mécanisme différent des anticoagulants pharmaceutiques. Elle dégrade la fibrine déjà formée, ce qui favorise la circulation, mais ne perturbe pas directement les facteurs de coagulation comme le font la warfarine ou l’héparine.
Pourquoi beaucoup pensent que la nattokinase est risquée ?

La confusion provient souvent d’une assimilation entre nattokinase et anticoagulants chimiques. Les médicaments comme la warfarine (Coumadine) ou l’aspirine agissent sur les plaquettes ou les facteurs de coagulation. La nattokinase, elle, cible la fibrine. Ce mécanisme distinct explique pourquoi elle ne produit pas les mêmes effets secondaires que les traitements médicamenteux classiques.
Les articles alarmistes contribuent à cette perception. Beaucoup de contenus en ligne mettent en avant les précautions sans expliquer le contexte. Résultat : on retient « risque hémorragique » sans comprendre que ce risque concerne uniquement des situations particulières (troubles de coagulation préexistants, association avec d’autres anticoagulants, chirurgie programmée).
Enfin, l’effet sur la coagulation est souvent exagéré. Les études montrent que la nattokinase n’allonge pas significativement les temps de coagulation chez les sujets sains. Elle optimise la fluidité sanguine sans compromettre la capacité du sang à coaguler en cas de blessure.
Les dangers réels : dans quels cas être prudent ?
Les précautions à prendre avec la nattokinase ne concernent qu’un nombre limité de situations. Chez la grande majorité des utilisateurs, aucun effet indésirable grave n’a été rapporté.
Risque hémorragique chez certaines personnes
Le risque hémorragique existe, mais uniquement chez les personnes présentant des troubles de coagulation préexistants : hémophilie, thrombopénie, purpura, ou autres anomalies de l’hémostase. Dans ces cas, toute substance ayant une action sur la fibrine ou la coagulation doit être évitée.
Chez les sujets sains, les études n’ont pas observé de saignements anormaux. Les essais cliniques menés sur des périodes de plusieurs semaines à plusieurs mois montrent une bonne tolérance, sans augmentation des épisodes hémorragiques par rapport au placebo.
Interaction avec les anticoagulants
La nattokinase peut interagir avec les anticoagulants pharmaceutiques : warfarine, héparine, aspirine à dose anticoagulante, clopidogrel (Plavix), ou nouveaux anticoagulants oraux (NACO). L’association des deux crée une action cumulée sur la coagulation, ce qui augmente le risque de saignement.
Cette interaction justifie l’arrêt de la nattokinase chez toute personne sous traitement anticoagulant, sauf avis médical contraire. Il ne s’agit pas d’un danger intrinsèque de la nattokinase, mais d’un effet additif avec un traitement déjà puissant.
Précautions avant une opération
Avant toute intervention chirurgicale, il convient de suspendre la nattokinase 10 à 14 jours avant l’opération. Cette précaution permet d’éviter tout risque de saignement peropératoire ou postopératoire, même si ce risque reste théorique chez la plupart des patients.
Les chirurgiens demandent systématiquement l’arrêt de tous les compléments alimentaires ayant une action sur la circulation ou la coagulation. La nattokinase entre dans cette catégorie par principe de précaution.
Antécédents cardiovasculaires lourds
Les personnes ayant subi un AVC récent (moins de 3 mois), portant des stents coronariens, ou suivant un traitement cardiovasculaire lourd doivent éviter la nattokinase sans avis médical. Non pas parce qu’elle présente un danger direct, mais parce que ces situations nécessitent une surveillance médicale étroite et un équilibre thérapeutique précis.
Dans ces contextes, toute modification du traitement ou ajout de complément doit être discutée avec le cardiologue ou le médecin traitant.
La nattokinase et les varices : risque ou intérêt ?

La nattokinase n’est pas dangereuse pour les varices. Au contraire, elle peut même soutenir la circulation veineuse en améliorant la fluidité sanguine et en favorisant le retour veineux. Les varices résultent d’une insuffisance veineuse, avec stagnation du sang dans les veines des jambes. La nattokinase contribue à réduire cette stagnation.
Aucune étude n’a montré de risque accru de complication variqueuse avec la nattokinase. Le principal risque lié aux varices est la formation de caillots (thrombose veineuse), et la nattokinase agit justement sur la fibrine, ce qui peut réduire ce risque.
Pour plus de détails sur l’utilisation de la nattokinase en cas de varices, consultez notre article dédié : Nattokinase et varices : efficacité, précautions et conseils.
Allergie au soja : un « danger » bien souvent mal compris

La nattokinase n’est pas du soja. C’est une enzyme produite par la bactérie Bacillus subtilis lors de la fermentation du soja. Une fois extraite et purifiée, elle ne contient normalement plus de protéines de soja, responsables des réactions allergiques.
Le risque allergique reste faible, mais possible si des traces de soja subsistent dans le produit fini. Les fabricants sérieux testent leurs extraits pour garantir l’absence d’allergènes. Les personnes fortement allergiques au soja doivent vérifier la certification du produit avant utilisation.
Pour tout comprendre sur ce sujet, consultez notre article : Nattokinase et soja : tout comprendre avant de choisir.
Comment utiliser la nattokinase en toute sécurité ?

Utiliser la nattokinase en toute sécurité repose sur quelques règles simples. Contrairement à ce que laissent penser certains contenus alarmistes, il n’y a rien de compliqué ni de risqué si l’on respecte ces principes.
Choix d’un bon produit : privilégiez une nattokinase titrée en unités fibrinolytiques (FU). La dose standard se situe entre 2 000 et 4 000 FU par jour. Un produit de qualité affiche clairement cette information. Vérifiez également la pureté de l’extrait et l’absence d’OGM si vous y êtes sensible.
Dose standard : respectez les recommandations du fabricant. Les études cliniques utilisent généralement des doses comprises entre 2 000 et 6 000 FU par jour, réparties en une ou deux prises. Au-delà, aucun bénéfice supplémentaire n’a été démontré, et le risque théorique augmente.
Prise éloignée des anticoagulants : si vous prenez de l’aspirine à faible dose (prévention cardiovasculaire), consultez votre médecin avant d’ajouter de la nattokinase. Si vous êtes sous warfarine, héparine, ou NACO, ne prenez pas de nattokinase sans avis médical.
Consultation si traitement médical : en cas de traitement pour hypertension, diabète, ou toute pathologie cardiovasculaire, parlez-en à votre médecin. La nattokinase peut potentialiser certains effets (baisse de la tension notamment), ce qui nécessite un ajustement ou une surveillance.
Conclusion
La nattokinase n’est pas dangereuse pour la grande majorité des personnes. Les risques concernent uniquement des profils spécifiques : troubles de coagulation, traitement anticoagulant en cours, chirurgie prévue, ou antécédents cardiovasculaires lourds. Dans ces situations, la prudence impose une consultation médicale avant toute supplémentation.
Pour tous les autres, la nattokinase présente un profil de sécurité satisfaisant, confirmé par des décennies d’utilisation au Japon et par les études cliniques disponibles. L’essentiel repose sur le choix d’un produit de qualité, le respect du dosage recommandé, et une vigilance en cas de traitement médical.
Sources :
- Nattokinase Supplementation and Cardiovascular Risk Factors: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials
- Nattokinase: A Promising Alternative in Prevention and Treatment of Cardiovascular Diseases
- Research Progress of Nattokinase in Reducing Blood Lipid
- Nattokinase as a functional food ingredient: therapeutic applications and mechanisms in age-related diseases
- Natto consumption suppresses atherosclerotic plaque progression in LDL receptor-deficient mice transplanted with iRFP-expressing hematopoietic cells
- New Study Reveals: High-Dose Supplement Shrinks Arterial Plaque by 36%
- Understanding the concept of Nattokinase use: a few years after beginning


Rejoindre la discussion
A propos de l'auteur
Simon de Nutriforce
Articles qui pourraient vous intéresser :
Psyllium : contre-indication, conseils et précautions d’emploi
Shatavari et prise de poids : Bienfaits, et Effets Secondaires
Safran : complément alimentaire, usages et précautions