Ashwagandha interdit en France : ce que dit réellement la loi

L’ashwagandha est vendue légalement en France. D’où vient la rumeur d’interdiction, ce que l’ANSES déconseille et comment reconnaître un extrait fiable.

Ashwagandha interdit en France : ce que dit réellement la loi

Non, l’ashwagandha n’est pas interdite en France. Les compléments alimentaires à base de Withania somnifera s’y vendent légalement : plus de 250 produits en contenant ont été déclarés à la DGCCRF entre avril 2016 et mars 2021, et la plante figure, sans restriction particulière, sur la liste des plantes que l’administration a publiée en janvier 2019[1].

Ce qui existe, c’est un avis de l’ANSES du 19 avril 2024 qui demande à certaines personnes de s’en passer. Une recommandation, et non une interdiction : la vente reste autorisée. Le mot « interdit » vient d’un statut juridique bancal en France et d’un autre pays européen qui a franchi le pas.

Chez l’adulte en bonne santé, la plante est d’ailleurs bien tolérée : dans 23 essais cliniques réunissant 2 317 participants, aucun effet indésirable grave n’a été attribué à l’extrait de racine standardisé, et les bilans du foie, des reins et des hormones sont restés normaux[6]. Les précautions visent surtout des profils précis, que l’ANSES énumère, et des produits dont on ne sait pas exactement ce qu’ils contiennent.

Absente de l’arrêté plantes, vendue par reconnaissance mutuelle

En France, les plantes admises dans les compléments alimentaires sont listées dans l’arrêté du 24 juin 2014, dit « arrêté plantes ». Withania somnifera n’y figure pas[1]. C’est le point de départ de la rumeur, et sur ce point précis elle a raison.

Une plante absente de cette liste peut pourtant être vendue si elle l’est déjà légalement dans un autre pays de l’Union : c’est la reconnaissance mutuelle, prévue par l’article 16 du décret du 20 mars 2006 sur les compléments alimentaires. La Belgique et l’Italie autorisent l’ashwagandha dans leurs compléments, et c’est par cette voie, avec une déclaration à la DGCCRF, que les produits sont arrivés sur le marché français[1].

Deuxième source de confusion, la pharmacopée française range les racines d’ashwagandha sur sa liste B, celle des plantes médicinales dont les effets indésirables potentiels dépassent le bénéfice thérapeutique attendu[1]. La formule fait peur. Elle porte sur l’usage médicinal de la plante en pharmacie et ne touche pas les compléments alimentaires, qui relèvent d’un autre cadre et restent en vente.

Ce que mesurent les essais : une plante bien tolérée

C’est d’abord pour le stress qu’on en prend, le bénéfice le mieux documenté de la plante. Sur 12 essais contre placebo et 1 002 participants, le stress et l’anxiété mesurés ont davantage baissé avec l’ashwagandha, l’effet favorable portant sur le stress aux doses de 300 à 600 mg d’extrait par jour[5]. Le détail de ces résultats est dans notre article sur les bienfaits de l’ashwagandha.

Côté tolérance, les essais sont rassurants. Une revue systématique publiée en 2026 a rassemblé 23 essais menés chez 2 317 adultes en bonne santé, avec des extraits de racine standardisés, de 125 à 600 mg par jour, sur des durées allant d’une prise unique à 180 jours. Les bilans du foie, des reins, du sang, des hormones et du cœur sont restés dans les normes, et aucun effet indésirable grave n’a été attribué à l’extrait. Les effets légers (inconfort digestif, maux de tête, somnolence passagère) étaient rares et apparaissaient aussi dans les groupes témoins[6].

Au-delà de six mois de prise, les données manquent encore : une raison de plus de la prendre par cures de quelques semaines à quelques mois, la plage où la tolérance est documentée[6].

Ce que montrent les études
Oui, l’extrait de racine standardisé est bien toléré chez l’adulte en bonne santé, d’après 23 essais et 2 317 participants : bilans du foie, des reins, hormonaux et cardiovasculaires dans les normes, jusqu’à 180 jours de prise[6].
Résumé de l'étude « Back to the Roots: Safety and Tolerability of Standardised Ashwagandha (Withania somnifera) Root... » (Pharmaceuticals (Basel), 2026) sur PubMed
Étude citée : Pharmaceuticals (Basel), 2026

Le Danemark interdit, le reste de l’Europe hésite

Un seul pays de l’Union a interdit l’ashwagandha dans les compléments alimentaires : le Danemark, en 2023. Il s’appuie sur une évaluation de son université technique (DTU), publiée en 2020, selon laquelle il est impossible de fixer une dose en dessous de laquelle la plante n’aurait aucun effet indésirable[1]. Cette décision ne vaut qu’au Danemark.

Ailleurs, on déconseille plutôt qu’on interdit. L’institut allemand d’évaluation des risques (BfR) proposait dès 2012 de placer la racine sous surveillance européenne, et l’institut néerlandais RIVM a recommandé en 2024 à toute la population de s’en abstenir[1]. En septembre 2026, les Pays-Bas ont notifié à la Commission européenne un projet de décret qui interdirait la feuille et ses préparations, mais garderait la racine, avec un avertissement sur l’étiquette ; la consultation court jusqu’au 7 décembre 2026. L’Inde, où la plante est utilisée en médecine ayurvédique, a pris la même direction en avril 2026 en excluant la feuille des aliments, une décision contestée depuis devant ses tribunaux.

À l’échelle européenne, les chefs des agences de sécurité sanitaire ont recommandé en juin 2024 d’ouvrir une procédure dite « de l’article 8 » du règlement 1925/2006, qui pourrait aboutir à interdire la plante dans les compléments alimentaires de toute l’Union[2]. En septembre 2026, cette procédure n’était toujours pas ouverte. D’ici là, chaque pays applique ses propres règles, et en France la vente reste légale.

Ces positions relèvent de la précaution : faute de données suffisantes pour fixer une dose sans aucun effet, ces agences préfèrent restreindre, alors que les essais cliniques décrivent une plante bien tolérée chez l’adulte en bonne santé.

Ce que dit vraiment l’avis de l’ANSES

L’avis de 2024 part de huit signalements reçus par la nutrivigilance entre 2009 et septembre 2023. Six ont pu être analysés : surtout des troubles digestifs, de la somnolence et des réactions cutanées, avec un cas d’hépatite aiguë sans mise en jeu du pronostic vital, et aucun décès[1]. Le dossier français est mince. L’inquiétude des experts tient surtout à des résultats chez l’animal et sur cellules (questions sur la génotoxicité, la fertilité, la thyroïde, le foie, le cœur) et à des extraits étudiés rarement décrits avec précision, ce qui empêche de fixer un seuil de sécurité[1].

Ses recommandations visent des profils précis. L’agence conseille notamment de s’abstenir de tout complément contenant de l’ashwagandha[1] :

  • en cas de maladie de la thyroïde, du foie ou du cœur ;
  • en cas d’hyperandrogénie (excès d’hormones androgènes) ;
  • sous traitement sédatif ou sous médicament qui ralentit le système nerveux central, comme les somnifères ;
  • avant 18 ans, faute de données.

Elle déconseille aussi la conduite et l’usage de machines en cas de somnolence, et demande de signaler cette prise à votre médecin, comme pour tout complément[1]. Cette somnolence explique que beaucoup la prennent le soir, un choix détaillé dans notre article sur l’ashwagandha matin ou soir.

Le foie : des cas rares, surtout chez des personnes déjà malades

Les atteintes du foie sont rares, mais documentées. En Islande et aux États-Unis, cinq personnes ont développé une jaunisse 2 à 12 semaines après le début de la prise, avec démangeaisons, nausées et fatigue. Aucune n’a présenté d’insuffisance hépatique, et les bilans se sont normalisés en 1 à 5 mois chez les quatre patients suivis jusqu’au bout[3].

Une série indienne montre pour qui le risque est réel. Sur 8 patients atteints après un produit ne contenant que de l’ashwagandha, 5 avaient déjà une maladie chronique du foie ; 3 d’entre eux ont fait une décompensation aiguë et sont décédés. L’analyse des produits n’a trouvé ni contaminant ni falsification[4]. C’est ce qui donne le plus de poids à la recommandation de l’ANSES : avec un foie malade, on s’en passe.

Pendant une cure, une jaunisse, des urines foncées ou des démangeaisons inhabituelles imposent d’arrêter et de consulter.

Racine, titrage, métaux lourds : la qualité fait la différence

Une bonne partie des inquiétudes porte sur les produits eux-mêmes : l’ANSES relève que que les fabricants indiquent très rarement les doses de withanolides, les composés actifs de l’ashwagandha, et juge nécessaire un contrôle systématique de la partie de plante utilisée[1].

La racine est la partie décrite par les pharmacopées, et la seule que le projet néerlandais conserve. Les feuilles, plus riches en alcaloïdes, coûtent moins cher, et certains extraits vendus comme « de racine » en contiennent : une analyse d’extraits du commerce y a retrouvé des marqueurs propres aux parties aériennes de la plante[7], dans huit échantillons sur dix, selon la lecture qu’en fait l’ANSES[1].

Mains gantées triant des racines séchées d'ashwagandha sur un plan de travail blanc, à côté de feuilles vertes fraîches de la même plante

Un pourcentage de withanolides dit ce que vous avalez réellement. Les pharmacopées indienne et américaine demandent au moins 0,3 % de withanolides dans la racine, et la pharmacopée américaine plus de 2,5 % dans un extrait, mais aucune de ces normes n’est opposable aux compléments alimentaires en France[1]. L’écart est grand : 500 mg de poudre de racine à 0,3 % apportent 1,5 mg de withanolides, 500 mg d’extrait titré à 3 % en apportent 15 mg. Une étiquette qui écrit seulement « ashwagandha 500 mg » ne permet pas de savoir lequel des deux vous achetez.

Reste la contamination. Sur 193 produits ayurvédiques achetés en ligne et analysés, 20,7 % contenaient du plomb, du mercure ou de l’arsenic, et tous ceux-là dépassaient au moins une norme d’apport acceptable[8]. Seule une analyse du produit fini permet de savoir où se situe celui que vous prenez.

Ces défauts brouillent aussi les signalements : quand un produit contient des feuilles, d’autres plantes ou des métaux lourds, ses effets sont attribués à l’ashwagandha alors qu’ils peuvent venir de tout le reste. L’extrait que vous choisissez compte donc autant que la plante elle-même.

L’extrait que nous avons choisi chez Nutriforce

Notre Ashwagandha répond à ces trois exigences, et les chiffres qui suivent le montrent : ce ne sont pas des promesses, ce sont des mesures. Chaque gélule contient 500 mg d’extrait de racine seule, titré à 3 % de withanolides : le certificat d’analyse mesure 3,01 %, soit 15 mg de withanolides par gélule et 30 mg pour les deux gélules de la dose journalière. L’enveloppe est végétale (hypromellose), sans autre ingrédient.

Les métaux lourds sont analysés deux fois. La plus récente de ces analyses, réalisée par le laboratoire Eurofins en septembre 2026 et publiée sur la fiche, mesure 0,02 mg de plomb par kilo, pour une limite européenne de 3 mg/kg, soit 150 fois moins. Le cadmium (0,014 mg/kg) est plus de 70 fois sous sa limite, l’arsenic est à 0,08 mg/kg et le mercure reste sous le seuil de mesure (moins de 0,005 mg/kg).

Si vous n’avalez pas les gélules, les Gummies – Ashwagandha apportent la même quantité de withanolides, 30 mg pour deux gummies, à partir d’un extrait de racine titré à 5 %. Ils sont édulcorés au maltitol, d’où la limite stricte de deux par jour. Pour une prise quotidienne sur plusieurs semaines, la gélule reste notre premier choix : l’extrait, son enveloppe, rien d’autre.

Avant d’en prendre en France

Majeur, sans maladie de la thyroïde, du foie ou du cœur, sans hyperandrogénie et sans traitement sédatif : vous pouvez en prendre en France, et les essais chez l’adulte en bonne santé n’ont pas relevé d’anomalie des bilans jusqu’à six mois. Si vous suivez un traitement, quel qu’il soit, dites-le à votre médecin avant la première gélule.

Devant un autre produit, cherchez sur l’étiquette le mot « racine » et un pourcentage de withanolides. Une analyse de métaux lourds consultable, avec ses chiffres, vaut mieux qu’un logo « contrôlé » : c’est le seul document qui dit ce que contient le produit.

Sources

  1. Anses (2024). Avis de l’Anses relatif aux risques liés à l’utilisation des préparations de Withania somnifera (L.) Dunal dans les compléments alimentaires (saisine n° 2021-SA-0077). Anses.
  2. Brendler T, Al-Mondhiry R et al. (2026). Ashwagandha: Is It Safe? Part 1: A Regulatory Review. Phytotherapy Research. doi : 10.1002/ptr.70151
  3. Björnsson HK, Björnsson ES et al. (2020). Ashwagandha-induced liver injury: A case series from Iceland and the US Drug-Induced Liver Injury Network. Liver International. doi : 10.1111/liv.14393
  4. Philips CA, Valsan A et al. (2023). Ashwagandha-induced liver injury-A case series from India and literature review. Hepatology Communications. doi : 10.1097/HC9.0000000000000270
  5. Akhgarjand C, Asoudeh F et al. (2022). Does Ashwagandha supplementation have a beneficial effect on the management of anxiety and stress? A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Phytotherapy Research. doi : 10.1002/ptr.7598
  6. Coope OC, Willems MET et al. (2026). Back to the Roots: Safety and Tolerability of Standardised Ashwagandha (Withania somnifera) Root Extract in Healthy Adults-A Systematic Review of Biomarkers and Adverse Events. Pharmaceuticals (Basel). doi : 10.3390/ph19050725
  7. Mundkinajeddu D, Sawant LP et al. (2014). Development and Validation of High Performance Liquid Chromatography Method for Simultaneous Estimation of Flavonoid Glycosides in Withania somnifera Aerial Parts. ISRN Analytical Chemistry. doi : 10.1155/2014/351547
  8. Saper RB, Phillips RS et al. (2008). Lead, mercury, and arsenic in US- and Indian-manufactured Ayurvedic medicines sold via the Internet. JAMA. doi : 10.1001/jama.300.8.915

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  1. JU
    Julien

    Bonjour, est-ce que l’ashwagandha peut être prise en même temps qu’un traitement pour la thyroïde ? Je n’ai pas trouvé d’infos sur les interactions possibles. Merci !

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