Ginseng : bienfaits et effets réels chez l’homme

Érection, testostérone, fertilité, fatigue, sport : ce que le ginseng change chez l’homme selon les essais, à quelle dose et avec quelles précautions.

Ginseng : bienfaits et effets réels chez l’homme

Chez l’homme, le ginseng a été testé sur l’érection, la testostérone, la fertilité, la fatigue, le sport et la concentration, et les résultats ne se valent pas d’un sujet à l’autre. L’érection est le terrain le mieux étudié : dans neuf essais contre placebo réunissant 587 hommes qui avaient un trouble léger à modéré, le ginseng a fait mieux que le placebo[1]. La fatigue ressentie, surtout mentale, recule elle aussi dans plusieurs essais[2][3].

Ceux qui en attendent plus de testostérone ou de meilleurs chronos seront moins servis. Le taux de l’hormone change rarement dans les essais[4][5][6], et les méta-analyses ne montrent pas de progrès de la performance physique[2][7].

Aux doses des essais, c’est une plante bien tolérée[8]. Deux de ses effets imposent pourtant la vigilance si vous suivez un traitement : elle accélère l’élimination de certains médicaments par le foie, et elle abaisse un peu la glycémie[9][10].

Panax ginseng, la racine que les essais ont testée

Le ginseng de la plupart des études est la racine de Panax ginseng, le ginseng asiatique, une plante vivace originaire de Corée et de Chine[8]. Son cousin américain, Panax quinquefolius, appartient au même genre et contient la même famille de molécules. Le « ginseng sibérien », lui, est une tout autre plante, l’éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus), dont les composés de référence sont différents[11].

Le ginseng rouge vient de la même racine de Panax ginseng, cuite à la vapeur ou chauffée, puis séchée. C’est lui qu’ont testé les sept essais sur l’érection réunis par une revue de 2008[12].

Une racine de ginseng blanc de couleur crème et une racine de ginseng rouge brillante, appuyées côte à côte contre une nappe de lin clair

Les molécules qui intéressent les chercheurs sont des saponines, les ginsénosides. La plupart sont transformées par les bactéries du côlon, et ce sont ces formes transformées et leurs dérivés qui portent l’activité de la plante[13]. Nous présentons ses usages plus larges, de la vitalité aux défenses naturelles, dans notre article sur les bienfaits et les contre-indications du ginseng.

Érection : l’effet le mieux mesuré chez l’homme

En 2002, 45 hommes ayant un trouble de l’érection ont pris 900 mg de ginseng rouge trois fois par jour pendant 8 semaines, puis un placebo, ou l’inverse. Sous ginseng, leur score de fonction érectile était plus élevé, la rigidité mesurée par un appareil progressait, et 60 % d’entre eux estimaient que leurs érections s’étaient améliorées[14].

Un essai de 2007 va dans le même sens. Soixante hommes au trouble léger à modéré ont reçu 1 000 mg trois fois par jour ou un placebo pendant 12 semaines : leur score IIEF-5, un questionnaire noté sur 25, est passé de 16,4 à 21,0 sous ginseng, contre 17,0 à 17,7 sous placebo[4].

Les synthèses confirment la tendance. En 2008, la réunion de six essais contre placebo, soit 349 hommes, comptait 2,4 fois plus d’hommes améliorés sous ginseng rouge que sous placebo[12]. En 2018, une méta-analyse de cinq essais et 399 hommes relevait un score d’érection en hausse sous ginseng[15]. La revue la plus récente, en 2021, a retenu neuf essais et 587 hommes de 20 à 70 ans : le score d’érection progresse de 3,5 points sur 30 de plus que sous placebo, et la part d’hommes qui se disent capables d’avoir un rapport passe d’environ 21 % à plus de 50 %[1].

Ces gains ont leurs limites. Les 3,5 points restent un peu sous le seuil de 4 points que les auteurs de 2021 retiennent pour une différence ressentie. Aucun essai ne dépasse 12 semaines, et aucun n’a comparé le ginseng aux médicaments prescrits pour l’érection[1].

Le mécanisme a été étudié chez l’animal. Après trois mois de ginseng rouge, le tissu érectile du lapin se relâche mieux, et la pression dans le pénis du rat monte davantage sous stimulation nerveuse, via une substance libérée par la paroi des vaisseaux[16]. Un détail de l’essai de 2007 appuie cette piste : les érections progressaient alors que la testostérone n’avait pas changé[4].

Si un trouble de l’érection s’installe, voyez d’abord un médecin, qui en cherchera la cause. Les essais n’ont porté que sur des troubles légers à modérés[1].

Ce que montrent les études
Oui, dans les troubles légers à modérés. Sur 9 essais et 587 hommes, le score d’érection a progressé de 3,5 points sur 30 de plus que sous placebo, et dans 6 de ces essais, 2,5 fois plus d’hommes se sont dits capables d’avoir un rapport[1].
Résumé de l'étude « Ginseng for erectile dysfunction » (Cochrane Database of Systematic Reviews, 2021) sur PubMed
Étude citée : Cochrane Database of Systematic Reviews, 2021

Testostérone : ce que montrent les prises de sang

Deux études ont vu la testostérone monter. Chez 62 hommes ayant un syndrome métabolique, 3 g de ginseng rouge par jour pendant 4 semaines ont augmenté la testostérone totale par rapport au placebo[17]. Une étude plus ancienne, sans placebo, l’avait vue progresser chez 46 hommes dont les spermatozoïdes étaient peu nombreux et peu mobiles[18].

Les autres essais n’ont rien relevé de tel. Chez les 60 hommes de l’essai de 2007 sur l’érection[4], chez 80 hommes infertiles suivis 12 semaines[5], et chez des sportifs d’endurance après 6 semaines[6], la testostérone n’a pas changé de façon notable.

Si c’est elle qui vous préoccupe, un dosage sanguin dira où vous en êtes. Du côté des nutriments, la seule allégation autorisée en Europe sur ce point concerne le zinc, qui contribue au maintien d’un taux normal de testostérone dans le sang.

Ce que montrent les études
Pas de façon régulière. Un essai de 4 semaines chez 62 hommes a mesuré une hausse de la testostérone totale[17], trois autres n’ont trouvé aucun changement notable[4][5][6].

Fertilité masculine : un essai encourageant sur le sperme

L’essai le plus solide date de 2016. Quatre-vingts hommes infertiles qui avaient une varicocèle, une dilatation des veines autour du testicule, ont pris 1,5 g de ginseng rouge par jour ou un placebo pendant 12 semaines, opérés ou non. Chez ceux qui n’avaient pas été opérés, la concentration, la mobilité, la forme et la vitalité des spermatozoïdes ont progressé sous ginseng, alors qu’elles n’ont pas bougé sous placebo. Les hormones sont restées stables[5].

Un essai de 2024 a réparti 90 hommes infertiles en trois groupes, dont l’un a pris 1,5 g de ginseng par jour pendant 12 semaines. Dans ce groupe, le volume et la viscosité du sperme se sont normalisés plus souvent que sous placebo, et le score de fonction sexuelle a progressé[19].

Deux essais, c’est encore peu. Une infertilité demande d’abord un bilan, spermogramme compris, et le ginseng ne s’envisage qu’en complément de la prise en charge qui en découle.

Ce que montrent les études
En partie. Chez 80 hommes infertiles, 1,5 g de ginseng rouge par jour pendant 12 semaines a amélioré la concentration, la mobilité et la forme des spermatozoïdes[5]. Un second essai, sur 90 hommes dont 30 sous ginseng, relève surtout un volume de sperme plus souvent normal[19].

Fatigue : les essais mesurent surtout un effet mental

Sur la fatigue, les méta-analyses trouvent un effet. En 2016, quatre essais contre placebo montraient une fatigue moins marquée sous ginseng[2]. En 2023, une synthèse de 19 essais relevait une baisse nette de la fatigue générale, celle qui n’est pas liée à une maladie précise[20].

L’essai le plus parlant a suivi 90 adultes, 21 hommes et 69 femmes, qui souffraient d’une fatigue chronique sans cause trouvée. Après 4 semaines à 1 g d’extrait par jour, leur score de fatigue mentale est passé de 20,4 à 15,1, contre 20,9 à 18,8 sous placebo. Leur score de fatigue global, lui, n’a pas baissé davantage que sous placebo[3].

Nous détaillons la distinction entre fatigue mentale et fatigue physique, et les doses de chaque essai, dans notre article sur le ginseng et la fatigue.

Ces résultats valent pour les deux sexes : les femmes étaient même majoritaires dans l’essai de 2013[3]. Après la ménopause, une synthèse de 15 essais note moins de bouffées de chaleur sous ginseng, mais pas d’effet net sur la vie sexuelle[21].

Ce que montrent les études
Oui, surtout sur la fatigue mentale. Dans un essai de 4 semaines chez 90 adultes, 1 g d’extrait par jour a fait baisser le score de fatigue mentale de 26 %, contre 10 % sous placebo[3]. Sur 19 essais, la fatigue générale recule[20].

Au sport, un effet sur le ressenti plus que sur la performance

Sur la performance physique, les essais concordent. Huit essais contre placebo ne montrent aucun gain[2]. Une méta-analyse de 2022 portant sur 14 études, chez des sportifs et des personnes actives, ne trouve d’effet ni sur la VO2max, ni sur la puissance maximale, ni sur la fréquence cardiaque ; seule la détente verticale progresse, à forte dose et sur moins de 4 semaines[7].

Le ressenti de l’effort bouge davantage. En 2018, 19 adultes, dont 9 hommes, ont pris 960 mg par jour d’un extrait de ginseng coréen pendant 14 jours avant une séance de presse à cuisses : l’effort leur a paru moins dur, et leurs courbatures du lendemain ont moins augmenté qu’avec le placebo. Sur la puissance, 13 participants ont répondu, les 6 autres non[22].

Quant aux marqueurs de dégâts musculaires après la musculation, une revue de six essais, aux résultats divergents, conclut que le ginseng ne les fait pas baisser[23].

Ce que montrent les études
Non pour la performance, en partie pour le ressenti. Sur 8 essais, le ginseng n’a pas amélioré la performance physique[2]. Dans un essai de 14 jours, 960 mg par jour ont rendu l’effort moins pénible[22].

Concentration : un effet mesuré dès la première prise

Les essais mesurent bien un effet le jour même, sur la tête plus que sur les jambes. Dans un essai de 2005, 30 jeunes adultes ont pris, à des jours différents, 200 mg d’un extrait standardisé, 400 mg ou un placebo, puis, une heure plus tard, enchaîné six séries de dix minutes de calcul mental et d’attention. Avec 200 mg, ils soustrayaient mieux et se sentaient moins fatigués mentalement au fil des séries, pendant que leur glycémie baissait[24].

Les effets dépendent de la dose et de la tâche. Dans un autre essai, 400 mg ont amélioré le calcul mental et le calme ressenti, alors que 200 mg ralentissaient les réponses, et huit jours de prise n’ajoutaient rien à l’effet du premier jour[25].

Une méta-analyse de 15 essais et 671 participants trouve une meilleure mémoire sous ginseng, surtout à forte dose, sans effet sur l’attention ni sur les fonctions exécutives, celles qui servent à planifier et à s’organiser[26].

Pour le reste, il faut du temps. La fatigue a été mesurée après 4 semaines[3], l’érection après 8 à 12 semaines[14][4]. Une cure ne se juge donc pas sur ses premiers jours.

Ce que montrent les études
Oui, dans des tests de laboratoire. Une heure après 200 mg d’extrait, 30 jeunes adultes calculaient mieux et se disaient moins fatigués mentalement[24]. Sur 15 essais, la mémoire progresse, surtout à forte dose[26].

Tolérance, médicaments, glycémie : les précautions utiles

Aux doses des essais, le ginseng est bien toléré, et la plupart des précautions tiennent à ses interactions avec des médicaments.

Ce que montrent les études
Oui, aux doses étudiées, le ginseng est bien toléré. Dans les essais, ses effets indésirables ne sont pas plus fréquents que sous placebo ; les plus courants sont les maux de tête, les troubles du sommeil et les troubles digestifs[8].

Une revue de 65 essais, dont 40 ont suivi les effets indésirables, en a relevé 135, tous mineurs, et aucun effet grave[27]. Dans les essais sur l’érection, la fréquence de ces effets ne diffère pas nettement de celle du placebo[1].

Les signalements graves concernent surtout des mélanges. Les incidents sérieux, parfois mortels, recensés avec des produits où le ginseng côtoyait d’autres ingrédients, n’ont pas pu être attribués au ginseng lui-même[8]. Avec le ginseng seul, la littérature compte des cas isolés : deux épisodes maniaques chez des hommes qui en prenaient de fortes doses depuis des semaines, l’un avec du cannabis, l’autre avec de la yohimbine, disparus en quelques jours après l’arrêt[28], et une atteinte du foie chez une femme qui en prenait depuis trois mois[29].

L’interaction la mieux mesurée passe par le foie. Chez 12 volontaires, 500 mg de ginseng deux fois par jour pendant 28 jours ont réduit d’un tiers l’exposition au midazolam, un médicament éliminé par l’enzyme CYP3A[9]. Chez 15 hommes, un essai de 2018 mené avec un extrait de ginseng rouge n’a, lui, trouvé aucune interaction notable avec six médicaments témoins[30]. Une revue de 2017 conseille une surveillance pour les médicaments à marge étroite éliminés par cette voie[13].

Pour la warfarine, des cas d’interaction ont été publiés[8], mais deux essais de 25 patients chacun n’ont pas vu l’INR changer sous ginseng[31][32]. Si vous êtes sous warfarine, faites contrôler votre INR au début de la cure.

La glycémie, elle, baisse un peu : de 0,31 mmol/l à jeun en moyenne sur 16 essais[10], et dès l’heure qui suit une seule prise[24]. Avec un traitement du diabète, cette baisse peut s’ajouter à celle du médicament. La tension ne bouge pas en revanche : 17 essais et 1 381 participants n’ont trouvé aucun effet sur la pression artérielle[33].

Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant d’en prendre si vous êtes dans l’une de ces situations :

  • vous prenez un anticoagulant, ou un médicament dont la dose doit être ajustée au plus près et que le foie élimine par l’enzyme CYP3A[9][13] ;
  • vous êtes traité pour un diabète, à cause de l’effet sur la glycémie[10] ;
  • vous prenez un antidépresseur de la famille des IMAO, comme la phénelzine, avec lequel des interactions ont été rapportées[8] ;
  • vous avez déjà connu un épisode maniaque, en raison des cas publiés[28].

Bien choisir son ginseng : racine, titrage, analyses

D’un produit à l’autre, la teneur réelle varie beaucoup. Une analyse de 25 préparations vendues aux États-Unis a montré que toutes contenaient bien la plante annoncée, mais les teneurs en ginsénosides s’écartaient nettement de l’étiquette et variaient d’un facteur 15 entre gélules[11].

La culture laisse aussi des traces. Sur 21 produits de ginseng analysés, le cadmium, le plomb et le nickel étaient présents dans la majorité, et cinq dépassaient 100 ppb de pesticides chlorés au total[34]. En Chine, une campagne menée de 2020 à 2022 a retrouvé 39 pesticides différents dans le ginseng, avec un risque pour le consommateur jugé acceptable[35].

Ces écarts viennent de la culture et de la fabrication, et ils se contrôlent par l’analyse. Quatre points permettent de trier les produits :

  • la plante nommée en latin, Panax ginseng, et la partie utilisée, la racine, pour écarter le « ginseng sibérien », qui est une autre plante[11] ;
  • une teneur en ginsénosides affichée en pourcentage, puisque c’est elle qui varie d’un produit à l’autre[11] ;
  • des analyses publiées, au moins sur les métaux lourds et la qualité microbiologique, et si possible sur les pesticides[34] ;
  • un seul ingrédient actif, puisque les incidents graves rapportés concernent surtout des mélanges[8].

Notre Ginseng est un extrait de racine de Panax ginseng concentré 20:1, titré à 20 % de ginsénosides, en gélule végétale, sans autre ingrédient actif. Sa fiche qualité publie les résultats du contrôle des métaux lourds et de la microbiologie, réalisé par un laboratoire indépendant.

Deux gélules le matin, puis un bilan à huit semaines

La fiche du produit indique deux gélules par jour, soit 1 000 mg d’extrait et 200 mg de ginsénosides, à prendre le matin au petit-déjeuner. Le matin, parce que les troubles du sommeil figurent parmi les effets indésirables les plus fréquents[8]. En poids d’extrait, c’est la dose basse de l’essai sur la fatigue[3], et celle de l’étude qui a mesuré l’effet sur l’élimination des médicaments[9].

Donnez-lui huit semaines, la durée des premiers essais sur l’érection[14]. Avant de commencer, notez ce que vous voulez voir changer, le coup de barre de 15 heures ou la qualité de vos érections, puis refaites le point. Si rien n’a bougé au bout de huit semaines, arrêtez : les essais sur l’érection ne vont pas au-delà de 12 semaines, et prolonger n’apporte rien de démontré[1].

Si vous prenez un traitement au long cours, montrez la composition à votre pharmacien avant la première gélule. C’est l’effet sur le foie qui compte ici, et il saura vous dire en deux minutes si votre médicament est concerné.

Sources

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