Centella asiatica en crème ou en complément : que choisir
Crème ou gélules de centella asiatica ? Les essais sur la peau, les rides et les jambes lourdes, et la forme à choisir selon votre objectif.

Une crème à la centella travaille là où vous l’étalez. C’est aussi sous cette forme que la plante a été le plus testée sur la peau : hydratation, rougeurs, suites d’un laser, rides du contour de l’œil. En gélules, les essais sont moins nombreux et visent d’autres terrains. Le principal est la sensation de jambes lourdes. Depuis 2026, un essai mesure aussi la profondeur des rides après douze semaines de prise.
Notre choix est net. Pour un souci localisé du visage, comme une peau qui tiraille, des rougeurs, les suites d’un acte esthétique ou une cicatrice refermée, prenez la crème. Pour les jambes lourdes, seules les gélules ont été étudiées. Vous pouvez aussi les ajouter à la crème quand ce sont les rides qui vous gênent.
Ce que les crèmes à la centella ont montré sur la peau
Les crèmes testées contiennent un extrait de la plante ou l’un de ses composés : l’asiaticoside ou le madécassoside. Ces deux triterpènes servent aussi de repère pour titrer les extraits. Les concentrations utilisées vont de 0,05 % pour un extrait standardisé à 5 % pour un extrait classique[1][5].
Une peau qui tiraille : hydratation et barrière cutanée
Dans un essai sur 25 volontaires, une crème et un gel contenant 2,5 % ou 5 % d’extrait de centella ont été appliqués matin et soir sur l’avant-bras pendant quatre semaines. Les formules à 5 % ont donné les meilleurs résultats : plus d’eau dans la couche superficielle de la peau, moins d’eau perdue à travers elle[1].
Elles ont aussi atténué une petite inflammation provoquée pour le test, signe d’un effet apaisant mesurable[1].
Chez 30 ouvriers indonésiens du batik, dont les mains se dessèchent au contact des teintures, une crème à la centella a été comparée en double aveugle à une crème aux céramides. Après quatre semaines, l’hydratation de la paume et du dos de la main avait progressé avec la centella, sans différence avec les céramides[2].

Rougeurs et peaux réactives : la centella rarement seule
Les crèmes « cica » pour peaux sensibles associent souvent la centella à d’autres actifs, et c’est ce type de formule que les deux études récentes sur les rougeurs ont testé.
Dans un essai chinois, 75 patients atteints de rosacée prenaient tous un antibiotique. Trente-neuf ont appliqué deux fois par jour une crème à la centella, aux céramides et au panthénol, les 36 autres une crème témoin. En 28 jours, le premier groupe a vu ses rougeurs reculer et son hydratation progresser significativement plus que le second[3].
Sur 88 femmes à la peau sensible, une crème associant les trois mêmes actifs a fait baisser le score d’inconfort cutané de 66 % en deux semaines et de 76 % en quatre[4]. Faute de groupe témoin, cette étude montre surtout que la formule est bien tolérée par des peaux réactives.
La part qui revient à la centella seule, dans ces deux résultats, n’a pas été mesurée.
Après un laser ou sur une cicatrice refermée
Trente personnes traitées au laser pour des cicatrices d’acné ont appliqué un gel à 0,05 % d’extrait standardisé de centella sur une moitié du visage, et un gel placebo sur l’autre. Ni elles ni les médecins ne savaient quel côté recevait quoi.
Côté centella, la rougeur mesurée par appareil est restée plus faible sur les trois mois de suivi. Les dermatologues ont noté un meilleur aspect pendant la première semaine et moins de croûtes au deuxième jour[5].
Sur le site de prélèvement d’une greffe de peau, une crème à la centella a été comparée à un placebo chez 30 patients, dont 23 suivis jusqu’au bout. Elle n’était appliquée qu’une fois la peau refermée depuis au moins deux semaines. Entre la quatrième et la douzième semaine, la pigmentation de la cicatrice s’est davantage améliorée avec elle[6].
Après un acte au laser, suivez d’abord le protocole de soins remis par le dermatologue : la crème à la centella s’y ajoute, elle ne le remplace pas.
Rides du contour de l’œil : trois à six mois d’application
Vingt-sept femmes ont appliqué matin et soir une crème à l’asiaticoside autour d’un œil, et une crème sans actif autour de l’autre. Au bout de douze semaines, les empreintes de leur peau montraient des pattes-d’oie atténuées chez 65 % d’entre elles[7].
Une autre équipe a suivi pendant six mois 20 femmes à la peau marquée par le soleil, avec une crème associant 0,1 % de madécassoside et 5 % de vitamine C. Rides profondes et superficielles, fermeté et hydratation se sont améliorées chez deux participantes sur trois. Les biopsies ont montré des fibres élastiques mieux organisées[8].
La vitamine C pèse dans ce second résultat, sans qu’on puisse isoler sa part.
Lire la liste INCI d’une crème à la centella
Sur l’emballage, la plante apparaît sous plusieurs noms : Centella Asiatica Extract, Centella Asiatica Leaf Extract, ou directement ses composés, Madecassoside, Asiaticoside, Asiatic Acid et Madecassic Acid. La liste range les ingrédients par quantité décroissante, sauf ceux présents à moins de 1 %, qui peuvent suivre dans n’importe quel ordre.
Le parfum dépasse rarement ce seuil. Une centella citée après lui est donc presque toujours à moins de 1 %. Ce n’est pas un mauvais signe en soi, puisque le madécassoside testé pendant six mois l’était à 0,1 %[8]. Pour un extrait classique, les meilleurs résultats d’hydratation ont été obtenus à 5 %[1].
Les crèmes teintées et les baumes d’inspiration coréenne qui mettent la centella en avant se lisent de la même façon. C’est la liste INCI, pas le nom du produit, qui dit la place qu’elle occupe. Si la formule associe céramides et panthénol, vous retrouvez la combinaison testée sur les rougeurs[3].
Appliquez-la matin et soir, comme dans les essais. Comptez quatre semaines pour juger l’hydratation et douze pour les rides[1][7].

En gélules, la centella vise d’autres terrains
Par voie orale, la centella agit là où une crème n’arrive pas : les veines des jambes et le cerveau. Les rides sont étudiées depuis peu.
Des rides mesurées après douze semaines de gélules
Cet essai coréen publié en 2026 a comblé un vide. Pendant douze semaines, 112 femmes d’âge moyen ont pris chaque jour soit 200 mg d’un extrait de feuilles de centella titré à 7 % d’asiaticoside, soit un placebo, sans savoir lequel[9].
La profondeur moyenne des rides du contour de l’œil, mesurée en trois dimensions, a baissé de 11 % dans le groupe centella contre 3,5 % sous placebo, un écart significatif. Le volume total des rides a reculé de 14 %[9].
L’hydratation des joues a progressé de 2,7 %, l’élasticité et l’éclat de 0,7 %, des écarts eux aussi significatifs face au placebo[9]. C’est pour l’instant le seul essai de ce type, et il demande à être confirmé.
Jambes lourdes : huit essais et une méta-analyse récente
Une revue systématique a réuni huit essais contrôlés chez des personnes atteintes d’insuffisance veineuse chronique. Mises en commun, les données montrent sous centella une meilleure microcirculation, une peau mieux oxygénée et des chevilles qui gonflent moins vite. Trois de ces essais, sans données chiffrées, rapportaient aussi moins de lourdeur, de douleur et d’œdème[10].
En 2026, une méta-analyse en réseau a comparé les traitements de la maladie veineuse chronique sur 51 essais et 6 800 patients. La centella y réduit significativement la sensation de jambes lourdes, avec un risque relatif de 0,30 face au groupe témoin, soit environ trois fois moins de patients qui la conservent[11].
Ces patients avaient une maladie veineuse diagnostiquée. La gélule ne remplace ni la compression ni un traitement prescrit. Une jambe qui gonfle d’un seul côté ou devient douloureuse se montre à un médecin sans attendre.
Vigilance et humeur : un effet mesuré, la mémoire à part
La centella est utilisée de longue date comme tonique du cerveau. Une méta-analyse de 11 essais contrôlés a relevé, une heure après la prise, une vigilance plus élevée et moins de colère que sous placebo, sans aucun effet indésirable rapporté[12].
Sur la mémoire et les autres fonctions cognitives, elle n’a pas trouvé de différence[12]. Les autres usages traditionnels de la plante sont passés en revue dans notre article sur les bienfaits de la centella pour la peau, les cheveux et le cerveau.
Crème, gélules ou les deux : le choix selon ce que vous visez
Pour une peau qui tiraille, des rougeurs, les suites d’un laser ou une cicatrice refermée, la crème suffit. Elle a été testée au contact de la zone, avec des effets mesurés dès quatre semaines sur l’hydratation[1][2].
Pour les rides, commencez par la crème. Deux essais de trois à six mois l’appuient[7][8]. Ajoutez les gélules si vous voulez cumuler les deux voies : la forme orale a son propre essai contre placebo, sur douze semaines[9].
Pour les jambes lourdes ou la vigilance, seule la gélule a été étudiée. Pour les cheveux, en revanche, nous n’avons trouvé aucun essai chez l’humain sur la centella seule, ni en crème ni en gélules.
Notre Centella Asiatica apporte 400 mg d’extrait concentré (ratio d’au moins 20:1) par gélule, à prendre le matin, une à deux par jour selon la fiche. Laissez-lui douze semaines avant de juger : c’est la durée de l’essai sur les rides.
Tolérance : ce qui tient à la plante, ce qui tient au produit
En crème comme en gélules, la centella est bien tolérée dans les essais. Deux risques rares existent, chacun propre à une voie : l’allergie de contact pour la crème, l’atteinte du foie pour la forme avalée.
Dans un essai de six mois chez des adultes diabétiques, 1 200 mg d’extrait par jour ont causé des troubles digestifs légers et passagers chez 5 participants sur 34, soit près de 15 %[13]. Sur douze semaines, l’essai coréen a compté un effet indésirable dans le groupe centella contre deux sous placebo, aucun lié au produit, avec des bilans sanguins restés normaux[9]. Côté crème, les études sur peaux sensibles et rosacée n’ont noté que des réactions légères, disparues d’elles-mêmes[3][4].
Pour le foie, la base LiverTox des instituts de santé américains juge la centella généralement sûre, mais liée à de rares cas d’hépatite aiguë avec jaunisse[15]. Une série publiée en 2005 décrit trois femmes de 49 à 61 ans, atteintes après 20 à 60 jours de prise. Toutes se sont améliorées à l’arrêt, et l’une a rechuté en reprenant la plante[14].
Les auteurs rattachent ces cas à la plante elle-même, avec l’hypothèse d’un mécanisme lié à ses triterpènes et d’une composante immunitaire[14].
Sur la peau, quelques cas d’eczéma de contact à l’extrait de centella ont été publiés[17]. Testés chez l’animal, l’extrait et ses trois principaux triterpènes se sont révélés de très faibles sensibilisants[16].
Avec une maladie du foie ou un traitement au long cours, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant de prendre la gélule. Arrêtez-la devant une jaunisse, des urines foncées ou une fatigue inhabituelle, le temps d’un bilan hépatique. Si votre peau réagit facilement, testez la crème 48 heures au pli du coude avant de l’appliquer sur le visage.
Une revue de 2026 rappelle que la composition des extraits de centella varie beaucoup d’un produit à l’autre[18]. Quatre repères séparent un produit sérieux d’un produit douteux. Le premier est la partie de plante utilisée, les feuilles dans l’essai sur les rides[9]. Viennent ensuite une quantité d’extrait affichée avec son ratio de concentration ou son titrage, des analyses de contaminants comme les métaux lourds, et une formule sans mélange de plantes.
Une boîte qui n’annonce que de la « poudre de centella », sans quantité d’extrait, interdit toute comparaison avec les doses des essais.
Sources
- Ratz-Łyko A, Arct J, Pytkowska K (2016). Moisturizing and Antiinflammatory Properties of Cosmetic Formulations Containing Centella asiatica Extract. Indian Journal of Pharmaceutical Sciences. doi : 10.4103/0250-474x.180247
- Anggraeni S, Umborowati MA et al. (2021). Role of Centella asiatica and ceramide in skin barrier improvement: a double blind clinical trial of Indonesian batik workers. Journal of Basic and Clinical Physiology and Pharmacology. doi : 10.1515/jbcpp-2020-0510
- Jiang X, Luo H et al. (2026). Effectiveness and Safety of a Moisturizer Containing Centella Asiatica Extract, Ceramide NP, and Panthenol for Erythema and Skin Barrier in Erythematotelangiectatic Rosacea: A Randomized Controlled Trial Study. Skin Research and Technology. doi : 10.1111/srt.70396
- Su Z, Zheng Y et al. (2025). The Effectiveness and Safety of a Skin Care Product With Centella asiatica Leaf Extract, Ceramide NP, and Panthenol in Subjects With Sensitive Skin: A Prospective, Observational Study. Journal of Cosmetic Dermatology. doi : 10.1111/jocd.70324
- Damkerngsuntorn W, Rerknimitr P et al. (2020). The Effects of a Standardized Extract of Centella asiatica on Postlaser Resurfacing Wound Healing on the Face: A Split-Face, Double-Blind, Randomized, Placebo-Controlled Trial. Journal of Alternative and Complementary Medicine. doi : 10.1089/acm.2019.0325
- Jenwitheesuk K, Rojsanga P et al. (2018). A Prospective Randomized, Controlled, Double-Blind Trial of the Efficacy Using Centella Cream for Scar Improvement. Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine. doi : 10.1155/2018/9525624
- Lee J, Jung E et al. (2008). Evaluation of the effects of a preparation containing asiaticoside on periocular wrinkles of human volunteers. International Journal of Cosmetic Science. doi : 10.1111/j.1468-2494.2008.00440.x
- Haftek M, Mac-Mary S et al. (2008). Clinical, biometric and structural evaluation of the long-term effects of a topical treatment with ascorbic acid and madecassoside in photoaged human skin. Experimental Dermatology. doi : 10.1111/j.1600-0625.2008.00732.x
- Hur N, Seo Y et al. (2026). A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial Assessing the Effects of Oral Centella asiatica Extract on Skin Aging-Related Parameters in Middle-Aged Korean Women. Nutrients. doi : 10.3390/nu18101505
- Chong NJ, Aziz Z (2013). A Systematic Review of the Efficacy of Centella asiatica for Improvement of the Signs and Symptoms of Chronic Venous Insufficiency. Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine. doi : 10.1155/2013/627182
- Nguyen AN, Ta KT et al. (2026). Pharmacological interventions to treat chronic venous disease: A network meta-analysis. Phlebology. doi : 10.1177/02683555261474557
- Puttarak P, Dilokthornsakul P et al. (2017). Effects of Centella asiatica (L.) Urb. on cognitive function and mood related outcomes: A Systematic Review and Meta-analysis. Scientific Reports. doi : 10.1038/s41598-017-09823-9
- Tawanwongsri W, Mordmuang A et al. (2025). Efficacy and safety of Centella asiatica (L.) Urb. [Apiaceae] as a dietary supplement for glycemic control and lipid regulation in patients with type 2 diabetes: a randomized controlled trial in Thailand. Frontiers in Pharmacology. doi : 10.3389/fphar.2025.1680647
- Jorge OA, Jorge AD (2005). Hepatotoxicity associated with the ingestion of Centella asiatica. Revista Española de Enfermedades Digestivas. doi : 10.4321/s1130-01082005000200006
- National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (2012). Centella asiatica. LiverTox: Clinical and Research Information on Drug-Induced Liver Injury.
- Hausen BM (1993). Centella asiatica (Indian pennywort), an effective therapeutic but a weak sensitizer. Contact Dermatitis. doi : 10.1111/j.1600-0536.1993.tb03532.x
- Gonzalo Garijo MA, Revenga Arranz F, Bobadilla González P (1996). Allergic contact dermatitis due to Centella asiatica: a new case. Allergologia et Immunopathologia.
- Borowicz KK (2026). Geroprotective Potential of Centella asiatica: Modulation of Cellular Aging. Nutrients. doi : 10.3390/nu18111649

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