Aliments riches en collagène : ce qui marche vraiment
Gélatine, peau de volaille, bouillon d’os : le collagène des aliments chiffré pour 100 g, ce que montrent les études et quand un complément a du sens.

Le collagène ne se trouve que dans les tissus animaux : la peau, les tendons, les cartilages et les os. La gélatine, qui n’est rien d’autre que du collagène cuit, en contient de très loin le plus, près de 87 g pour 100 g. Viennent ensuite la couenne de porc et les cartilages, entre 11 et 22 g pour 100 g, puis la peau des volailles et le jarret de bœuf, autour de 5 g.
Les fruits, les légumes, les œufs et les produits laitiers n’en contiennent pas, même si beaucoup de listes les citent. Le poivron ou le cassis apportent autre chose : de la vitamine C, qui aide le corps à fabriquer son propre collagène.
Une alimentation ordinaire fournit environ 3 g de collagène par jour. Pour atteindre les 15 g testés dans les essais sur les tendons, il faut passer par la gélatine ou par un complément.
Peau, tendons, os : là où se loge le collagène
Les collagènes sont les protéines les plus abondantes chez les mammifères[1]. Ils forment la charpente des tissus qui doivent résister à la traction : la peau, les tendons, les ligaments, les cartilages et les os.
À l’étal, le collagène se concentre donc dans les morceaux qu’on laisse souvent de côté : couenne, pieds, jarret, queue, peau des volailles et des poissons, os. Le muscle en contient aussi, dans les fines enveloppes qui gainent ses fibres, mais peu. Un blanc de poulet sans peau en renferme 0,6 g pour 100 g, neuf fois moins que la peau du même animal. C’est ce collagène qui rend la joue ou le jarret de bœuf durs à la poêle et fondants après trois heures de mijotage. La chaleur humide le transforme en gélatine.
Les œufs, le lait, le fromage et les yaourts n’en contiennent pas : leurs protéines sont la caséine, celles du lactosérum et celles du blanc d’œuf. Les plantes n’en fabriquent pas non plus, et le kiwi, l’ail ou l’avocat, cités dans tant de listes, n’en apportent pas un gramme. Le collagène n’existe que dans les produits animaux. C’est même la seule source alimentaire d’hydroxyproline, un acide aminé presque absent des autres protéines[2].
Combien de collagène pour 100 g : le classement
La table Ciqual de l’Anses, référence française de la composition des aliments, ne mesure pas le collagène : elle s’arrête aux protéines totales. Pour la gélatine, cela suffit, puisque ses 86,9 g de protéines pour 100 g sont du collagène[3].
Pour les viandes, nous avons pris une autre table : les valeurs types de l’Autorité irlandaise de sécurité des aliments (FSAI), tirées de son guide d’étiquetage des viandes. Une étude publiée en 2025 les a compilées[2]. Elles donnent le collagène en grammes pour 100 g de viande crue, et la part qu’il représente dans les protéines.
| Aliment (cru sauf mention) | Collagène (g pour 100 g) | Part du collagène dans les protéines |
|---|---|---|
| Couenne de porc crue, parée de son gras | 22,4 | 65 % |
| Couenne de porc crue, avec son gras | 14,2 | 65 % |
| Nerfs et cartilages de porc | 14,2 | 65 % |
| Couenne de porc cuite, avec son gras | 11,0 | 65 % |
| Peau de dinde | 6,6 | 54 % |
| Peau de poulet | 5,7 | 48 % |
| Jarret de bœuf | 4,7 | 22 % |
| Poitrine de porc avec sa couenne | 4,2 | 23 % |
| Poitrine de bœuf | 2,9 | 19 % |
| Paleron de bœuf | 2,6 | 14 % |
| Cuisse de poulet avec la peau | 2,4 | 13 % |
| Gigot d’agneau maigre | 1,7 | 9 % |
| Longe de porc maigre | 1,7 | 8 % |
| Tende de tranche de bœuf, maigre | 1,6 | 7 % |
| Blanc de poulet sans peau | 0,6 | 3 % |
Une portion de 150 g de cuisse de poulet avec la peau apporte ainsi environ 3,6 g de collagène, contre moins de 1 g pour la même quantité de blanc sans peau. Quinze grammes de gélatine en apportent 13 g, plus qu’une journée de repas ordinaires.
Les pieds de porc, la tête de veau ou le museau sont faits surtout de couenne, de tendons et de cartilages : ils se rangent avec le haut du tableau. Chez le poisson, c’est la peau qui en contient le plus, et c’est d’elle qu’on extrait le collagène marin.
Environ 3 g par jour : ce que l’alimentation apporte vraiment
Cette étude irlandaise a appliqué ces valeurs aux carnets alimentaires de 1 500 adultes, qui avaient noté leurs repas pendant quatre jours[2]. La moyenne est de 3,2 g de collagène par jour, soit 3,6 % des protéines consommées.
Les hommes en mangeaient 4,0 g, les femmes 2,3 g, et les plus de 65 ans un peu moins que les 40-64 ans. Dans les carnets, l’aliment le plus riche, une saucisse à griller, ne dépassait pas 5,9 g pour 100 g : aucun morceau du haut du tableau n’y figurait tel quel.
Les auteurs comparent ces apports aux doses des essais : ils restent nettement en dessous de celles qui ont stimulé la fabrication du collagène chez l’adulte. Pour atteindre 15 g avec de la cuisse de poulet, il faudrait en manger plus de 600 g par jour, peau comprise.
Bouillon d’os et gélatine : faire son collagène maison
On ne fabrique pas de collagène dans sa cuisine, on l’extrait. Une cuisson longue dans l’eau fait passer le collagène des os, des cartilages et de la peau dans le liquide, sous forme de gélatine. Le test est simple : un bouillon qui prend en gelée au réfrigérateur en contient.
Pour un bouillon riche, choisissez des pièces qui en ont : pieds de porc ou de veau, queue de bœuf, jarret, os à moelle, carcasses et ailes de volaille. Couvrez d’eau froide, portez à frémissement, écumez, puis laissez cuire plusieurs heures à feu doux. Plus la marmite contient de peau et de cartilage, plus la gelée sera ferme.

Ce que contient le bol reste très variable. Une équipe australienne a analysé des bouillons d’os du commerce, de café et préparés au laboratoire[4]. Faits selon une recette standard, ils apportaient nettement moins d’hydroxyproline, de glycine et de proline qu’une dose de 20 g de collagène en poudre. Les bouillons du commerce étaient les plus pauvres, les bouillons maison un peu plus riches. D’une recette libre à l’autre, les teneurs changeaient du tout au tout.
La même équipe a fait boire 300 ml d’un bouillon de chef très concentré, qui contenait plus de 50 g d’acides aminés. Ces acides aminés sont arrivés dans le sang plus lentement, et de façon plus étalée, qu’après de la gélatine en poudre[5]. Le bouillon reste un bon plat. Pour une dose connue, la gélatine fait mieux.
La gélatine du rayon pâtisserie convient, en poudre ou en feuilles. Dissoute dans une boisson chaude ou prise en gelée avec un jus de fruits, elle dose 15 g au gramme près. Évitez l’ananas, le kiwi et la papaye crus dans la préparation : leurs enzymes découpent la gélatine, qui ne prend plus.
Une fois avalé, le collagène passe-t-il dans le sang ?
La digestion découpe le collagène en acides aminés et en fragments de deux ou trois acides aminés, dont certains franchissent l’intestin intacts. Après un hydrolysat de gélatine, des volontaires à jeun avaient dans le sang des peptides contenant de l’hydroxyproline, surtout la prolyl-hydroxyproline. Le pic arrive une à deux heures après la prise[6].
La forme compte moins qu’on ne le pense. Chez des hommes actifs, 20 g de gélatine ordinaire ont fait monter les acides aminés du collagène dans le sang à peu près autant que 20 g de collagène hydrolysé[5]. Un essai sur 10 hommes a observé la même montée avec les deux formes[7].
Encore faut-il que le corps s’en serve. L’essai le plus parlant a suivi 8 jeunes hommes. Ils prenaient 5 g ou 15 g de gélatine, ou un placebo, dans une boisson au cassis apportant 48,5 mg de vitamine C[8]. Ils la buvaient une heure avant six minutes de corde à sauter, trois fois par jour pendant trois jours.
Quatre heures après l’effort, le marqueur sanguin de fabrication du collagène de type I avait progressé de 54 % sous placebo, de 59 % avec 5 g et de 153 % avec 15 g. Cette hausse a tenu pendant les 72 heures de l’essai, et les auteurs précisent que ce marqueur reflète surtout le collagène des os.
Avec 15 g de gélatine ou de collagène hydrolysé, l’essai sur 10 hommes n’a relevé qu’une hausse d’environ 20 % de ce marqueur. Elle variait trop d’une personne à l’autre pour être significative[7].

Pour la peau, des essais menés avec des compléments dosés
La peau perd du collagène avec l’âge, et les femmes en ont moins que les hommes à tout âge, d’après des mesures faites sur l’avant-bras de nombreux adultes[9]. Pour tenter de compenser cette perte, les essais testent des compléments à dose fixe.
La méta-analyse la plus large réunit 26 essais contre placebo et 1 721 participants : le collagène hydrolysé y améliore l’hydratation et l’élasticité de la peau[10]. L’effet sur l’hydratation varie selon la durée de la prise et l’origine du collagène. Le détail de ces essais figure dans notre article sur les peptides de collagène et le vieillissement de la peau.
Les doses en jeu sont parfois faibles. Dans un essai en double aveugle, 64 adultes ont pris 1 000 mg de peptides de collagène par jour ou un placebo pendant 12 semaines[11]. L’hydratation était meilleure dès 6 semaines. Les rides et deux des trois mesures d’élasticité s’amélioraient à 12 semaines.
Une seconde méta-analyse, de 23 essais, retrouve un effet d’ensemble sur l’hydratation, l’élasticité et les rides, mais pas dans les essais sans financement industriel ni dans ceux de meilleure qualité[12].
Le soleil et le tabac jouent en sens inverse. Les ultraviolets sont la première cause extérieure du vieillissement de la peau[13]. Chez 47 fumeurs comparés à 51 personnes n’ayant jamais fumé, la peau fabriquait 18 % de collagène de type I et 22 % de type III en moins[14].
Vitamine C et cuivre : les aliments qui aident à le fabriquer
Le corps fabrique son collagène à partir des acides aminés de toutes les protéines, et il a besoin de vitamine C pour cela. La peau en contient de fortes concentrations[15]. Une seule allégation autorisée nomme le collagène : « La vitamine C contribue à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale de la peau ». L’Union européenne la reconnaît dans les mêmes termes pour les os, les cartilages, les gencives et les dents, ainsi que pour le fonctionnement normal des vaisseaux sanguins[16].
Les agrumes ne sont pas les mieux placés. Pour 100 g, le cassis apporte 181 mg de vitamine C et le poivron rouge cru 121 mg, contre 47,5 mg pour l’orange[3]. La valeur de référence des étiquettes est de 80 mg par jour[17].
| Aliment | Vitamine C (mg pour 100 g) |
|---|---|
| Goyave, crue | 228 |
| Cassis, cru | 181 |
| Persil, frais | 133 |
| Poivron rouge, cru | 121 |
| Chou frisé, cru | 120 |
| Brocoli, cru | 91,2 |
| Chou de Bruxelles, cru | 85 |
| Kiwi | 81,9 |
| Fraise | 54 |
| Orange | 47,5 |
| Brocoli, cuit à la vapeur | 20,7 |
La cuisson en détruit une bonne part : le brocoli passe de 91 mg cru à 21 mg cuit à la vapeur. Une salade de poivron cru ou une poignée de cassis à côté d’un plat mijoté suffit à couvrir la journée. Dans une enquête auprès de 4 025 Américaines de 40 à 74 ans, les plus grosses consommatrices de vitamine C avaient moins souvent la peau ridée[18]. Cette association ne prouve pas la cause.
Le cuivre a aussi son allégation : « Le cuivre contribue au maintien de tissus conjonctifs normaux »[16]. Les noix de cajou (2,2 mg pour 100 g), les graines de tournesol (1,5 mg) et les huîtres creuses (1,45 mg) en sont de bonnes sources[3].
Quand un complément de collagène a du sens
Si vous mangez régulièrement de la peau de volaille, des plats mijotés et du bouillon maison, vous avalez quelques grammes de collagène par jour, et c’est une bonne habitude. Un complément ne se justifie que pour viser une dose précise et régulière, celle des essais.
C’est le cas du sportif qui veut soutenir ses tendons pendant un cycle d’entraînement. Une méta-analyse a réuni 19 essais et 768 adultes en bonne santé qui s’entraînaient en prenant des peptides de collagène pendant au moins 8 semaines[19]. Par rapport au placebo, leur masse maigre, la section de leurs tendons et leur force maximale ont davantage progressé.
Le niveau de certitude est modéré pour la masse maigre, faible à très faible pour le reste. Les auteurs retiennent comme repère 15 g par jour pendant au moins 8 semaines.
Une telle dose se prend en poudre. Le collagène hydrolysé se dissout dans une boisson froide sans prendre en gelée, ce que la gélatine ne permet pas : c’est la forme des Peptides de Collagène Hydrolysés. Pour la peau, certains essais se sont contentés d’un gramme par jour[11], une dose qui tient en gélules, le format du Collagène Marin.
Pour choisir entre les deux, voyez la différence entre peptides de collagène et collagène marin, puis la bonne dose de collagène marin par jour.
Deux situations demandent de la prudence. Le collagène est un allergène du poisson : dans l’étude qui l’a identifié, les anticorps de 5 patients allergiques sur 8 le reconnaissaient[20]. En cas d’allergie au poisson, le collagène marin est donc à éviter. Une dose de 5 à 10 g de gélatine augmente déjà l’oxalate dans les urines[21] : si vous avez déjà eu des calculs rénaux, parlez-en à votre médecin avant une cure.
Les plantes ne fabriquent pas de collagène : un végétarien qui refuse la gélatine trouvera dans son assiette la vitamine C et les acides aminés qui servent à le produire, pas le collagène lui-même. Pour les autres, la décision est simple : gardez la peau du poulet, remettez le pot-au-feu au menu et ajoutez-y un poivron cru.
Sources
- Ricard-Blum S (2011). The collagen family. Cold Spring Harbor Perspectives in Biology. doi : 10.1101/cshperspect.a004978
- Nulty CD, Walton J et al. (2025). Habitual Dietary Collagen Intake Is Lower in Females and Older Irish Adults Compared with Younger Males. The Journal of Nutrition. doi : 10.1016/j.tjnut.2025.03.002
- Anses (2025). Table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual 2025. Anses.
- Alcock RD, Shaw GC et al. (2019). Bone Broth Unlikely to Provide Reliable Concentrations of Collagen Precursors Compared With Supplemental Sources of Collagen Used in Collagen Research. International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism. doi : 10.1123/ijsnem.2018-0139
- Alcock RD, Shaw GC et al. (2019). Plasma Amino Acid Concentrations After the Ingestion of Dairy and Collagen Proteins, in Healthy Active Males. Frontiers in Nutrition. doi : 10.3389/fnut.2019.00163
- Iwai K, Hasegawa T et al. (2005). Identification of food-derived collagen peptides in human blood after oral ingestion of gelatin hydrolysates. Journal of Agricultural and Food Chemistry. doi : 10.1021/jf050206p
- Lis DM, Baar K (2019). Effects of Different Vitamin C-Enriched Collagen Derivatives on Collagen Synthesis. International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism. doi : 10.1123/ijsnem.2018-0385
- Shaw G, Lee-Barthel A et al. (2017). Vitamin C-enriched gelatin supplementation before intermittent activity augments collagen synthesis. The American Journal of Clinical Nutrition. doi : 10.3945/ajcn.116.138594
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- Pu SY, Huang YL et al. (2023). Effects of Oral Collagen for Skin Anti-Aging: A Systematic Review and Meta-Analysis. Nutrients. doi : 10.3390/nu15092080
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- Myung SK, Park Y (2025). Effects of Collagen Supplements on Skin Aging: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. The American Journal of Medicine. doi : 10.1016/j.amjmed.2025.04.034
- Fisher GJ, Kang S et al. (2002). Mechanisms of photoaging and chronological skin aging. Archives of Dermatology. doi : 10.1001/archderm.138.11.1462
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- Commission européenne (2012). Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission du 16 mai 2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires, autres que celles faisant référence à la réduction du risque de maladie ainsi qu’au développement et à la santé infantiles. Journal officiel de l’Union européenne.
- Parlement européen et Conseil de l’Union européenne (2011). Règlement (UE) n° 1169/2011 du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, annexe XIII (valeurs nutritionnelles de référence). Journal officiel de l’Union européenne.
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