Protéine whey : dangers, effets secondaires et précautions

Reins, foie, acné, digestion : ce que montrent les études sur la whey, la dose à partir de laquelle elle devient de trop et qui doit s’en passer.

Protéine whey : dangers, effets secondaires et précautions

La whey est la protéine du lactosérum, le liquide qui se sépare du caillé quand on fabrique du fromage. Chez des adultes en bonne santé, les études de tolérance ne lui trouvent pas de danger aux quantités habituelles : des sportifs suivis pendant un an avec plus de 3 g de protéines par kilo et par jour n’ont montré aucun effet nocif sur leurs reins, leur foie ni leurs lipides sanguins[1].

Les effets secondaires qui existent vraiment sont surtout digestifs, et ils se règlent. Quelques profils doivent en revanche s’en passer, ou demander l’avis de leur médecin avant le premier shaker.

Les reins supportent un apport élevé, sauf s’ils sont déjà malades

La crainte part d’un fait exact. Les reins éliminent les déchets azotés produits par la digestion des protéines, et un repas riche en protéines augmente leur débit de filtration. Une hausse de ce débit traduit un travail en plus et ne signifie pas pour autant une usure.

Une méta-analyse de 2018 a réuni 28 essais et 1 358 adultes sans maladie rénale. Les groupes « riches en protéines » en consommaient au moins 1,5 g par kilo et par jour, ou plus de 100 g par jour. Leur filtration rénale a évolué de la même façon que celle des groupes qui en mangeaient moins[2].

Sur la durée, une équipe américaine a suivi 14 hommes qui pratiquaient la musculation depuis près de neuf ans en moyenne. Pendant un an, ils ont alterné leur alimentation habituelle (2,5 g de protéines par kilo et par jour) et une alimentation encore plus riche (3,3 g/kg/j). Aucun effet nocif n’est apparu sur la fonction rénale[1]. Le constat vaut aussi chez des personnes âgées : chez 380 seniors atteints de sarcopénie, une boisson à base de whey prise jusqu’à deux fois par jour pendant six mois n’a pas dégradé la fonction rénale et a été bien tolérée[3]. C’est le public pour qui la whey aide à préserver la masse musculaire des seniors.

Tout change quand les reins sont déjà malades. En cas de maladie rénale chronique, la quantité de protéines fait partie de la prise en charge nutritionnelle, et l’équipe soignante la fixe selon les recommandations internationales et le stade de la maladie[4]. Dans ce cas, pas de whey sans l’accord du néphrologue. Nous avons détaillé ce que les excès alimentaires font ou ne font pas aux reins dans notre article sur les protéines et les reins.

Ce que montrent les études
Non, chez l’adulte en bonne santé, un apport élevé en protéines n’altère pas la fonction rénale, d’après 28 essais et 1 358 participants[2]. Une maladie rénale connue impose en revanche l’avis du médecin avant toute whey.
Résumé de l'étude « Changes in Kidney Function Do Not Differ between Healthy Adults Consuming Higher- Compared with Lower-... » (The Journal of nutrition, 2018) sur PubMed
Étude citée : The Journal of nutrition, 2018

Le foie : les signaux d’alerte viennent d’usages abusifs

Une revue systématique brésilienne publiée en 2021 a rassemblé 11 travaux sur les effets indésirables possibles de la whey. La plupart associent des atteintes du foie et des reins à un usage chronique et abusif, sans encadrement, aggravé quand il s’accompagne de sédentarité[5]. Ces travaux décrivent l’excès prolongé. Ils ne visent pas le shaker quotidien d’un sportif.

Aux doses courantes, les données chez l’humain sont rassurantes. Les 14 sportifs suivis pendant un an avaient des marqueurs hépatiques normaux[1]. Dans un essai thaïlandais, 38 adultes qui avaient déjà un foie trop gras (une stéatose) ont pris 20 g d’isolat de whey par jour pendant 12 semaines : la whey a été bien tolérée, sans aucun effet indésirable grave[6].

Une maladie du foie déclarée, comme une cirrhose ou une hépatite, reste une raison de demander l’avis du médecin : l’apport en protéines s’y règle au cas par cas.

Ce que montrent les études
Non, aux doses courantes, la whey ne montre pas d’effet nocif sur le foie chez l’humain : les atteintes relevées dans une revue de 11 travaux concernent un usage chronique et abusif[5], et 20 g par jour pendant 12 semaines ont été bien tolérés par 38 adultes au foie déjà fragile[6].

Ballonnements et gaz : le lactose et la taille du shaker

C’est l’effet secondaire le plus courant, et le plus simple à régler. La whey concentrée garde une petite part du lactose du lait. Chez une personne qui digère mal ce sucre, il peut provoquer ballonnements, gaz, crampes ou selles molles dans les heures qui suivent.

Les quantités en jeu sont pourtant faibles. Une revue de 36 essais randomisés conclut que la plupart des adultes intolérants au lactose en supportent 12 à 15 g, l’équivalent d’environ une tasse de lait[7]. Une dose de 30 g de notre whey apporte 2 g de sucres au total, et comme la recette n’ajoute pas de sucre, ces 2 g viennent du lait.

Quand l’inconfort persiste, regardez d’abord la quantité avalée d’un coup : un shaker double pèse davantage sur l’intestin que deux doses prises à quelques heures d’écart. Mélanger la poudre à l’eau plutôt qu’au lait évite aussi le lactose du lait lui-même. Si rien n’y fait, un isolat, plus filtré, contient encore moins de lactose.

Une urticaire, des lèvres qui gonflent ou une gêne pour respirer après un shaker relèvent d’une tout autre cause : une allergie aux protéines du lait, qui impose d’arrêter.

Ce que montrent les études
En partie, la whey peut gêner la digestion des personnes intolérantes au lactose, mais la plupart d’entre elles supportent 12 à 15 g de lactose, d’après 36 essais randomisés[7]. C’est bien plus que les 2 g de sucres d’une dose de notre whey.

Acné : deux études qui ne pèsent pas le même poids

Le soupçon est né dans les salles de sport : des dermatologues ont vu apparaître des boutons chez des pratiquants qui venaient de commencer les protéines en poudre. Une étude brésilienne de 2013 a suivi 30 jeunes adultes pendant 60 jours après le début d’un supplément protéique. Des lésions d’acné sont apparues ou se sont aggravées, surtout chez les femmes et chez les personnes qui n’avaient pas d’acné au départ[8].

Cette étude se contentait d’observer, sans groupe de comparaison. L’essai mené en Thaïlande en 2024 est construit autrement : 49 jeunes hommes qui avaient déjà une acné légère à modérée ont reçu au hasard, en double aveugle, soit 30 g de whey par jour, soit un supplément sans whey, pendant six mois. L’acné n’a pas évolué plus mal avec la whey, ni sur le visage ni sur le dos et le torse[9].

Cet essai ne comptait aucune femme, et chaque peau réagit à sa façon. Si des boutons apparaissent dans les semaines qui suivent le début de la whey, passez à une seule dose par jour pendant un mois : c’est le moyen le plus simple de savoir si la whey y est pour quelque chose.

Ce que montrent les études
Non, la whey ne semble pas aggraver l’acné des hommes qui en ont déjà, d’après un essai randomisé de six mois sur 49 participants[9]. Le signal inverse vient d’une étude d’observation sans groupe de comparaison, sur 30 personnes[8].

Qui doit s’en passer, et les médicaments à espacer

L’allergie aux protéines du lait de vache est la seule contre-indication nette. La whey est faite de ces protéines, et un isolat n’y change rien : c’est la protéine qui déclenche la réaction, pas le lactose. Les personnes allergiques se tournent vers une protéine végétale, que nous comparons à la whey dans whey ou protéines végétales. Notre recette contient aussi de la lécithine de soja, à prendre en compte en cas d’allergie au soja.

Une maladie rénale chronique ou une maladie du foie déclarée demandent l’accord du médecin avant de commencer la whey, pour les raisons vues plus haut.

Côté médicaments, la whey apporte un peu du calcium du lait. Les notices de certains antibiotiques (tétracyclines, fluoroquinolones) et de la lévothyroxine, prescrite pour la thyroïde, demandent d’espacer leur prise des produits laitiers. Un shaker suit la même règle. En cas de traitement au long cours, posez la question à votre pharmacien : il connaît l’écart à respecter pour votre médicament. Avec la créatine en revanche, rien à espacer, comme nous l’expliquons dans whey et créatine ensemble.

À partir de quelle quantité la whey devient de trop

Ce qui se mesure, c’est la quantité totale de protéines de la journée, assiette comprise. Le nombre de shakers ne dit rien à lui seul.

Pour la masse musculaire, une méta-analyse de 49 essais et 1 863 participants situe le plafond utile autour de 1,6 g de protéines par kilo et par jour : au-delà, ajouter des protéines n’apporte plus de gain de masse maigre[10]. Un sportif de 75 kg vise donc environ 120 g par jour. Si la viande, le poisson, les laitages et les œufs lui en fournissent déjà 95 g, une dose de whey suffit.

Au-dessus de ce plafond, les études ne montrent pas de danger chez l’adulte en bonne santé, jusqu’à 3,3 g/kg pendant un an[1]. Elles ne montrent pas de bénéfice non plus. Trois ou quatre shakers par jour n’ajoutent que de l’inconfort digestif possible. Et si votre alimentation couvre déjà vos besoins, la whey a peu d’intérêt, comme nous le discutons dans les protéines en poudre sont-elles utiles quand on mange équilibré.

Dans ces quantités, la whey fait ce qu’on attend d’une source de protéines : les protéines contribuent à augmenter la masse musculaire et à la maintenir.

Notre Whey Protéine se dose à 30 g, soit 23 g de protéines, une à deux fois par jour selon ce que vos repas apportent déjà. Elle est faite de concentré de protéines de lactosérum issu de lait français, sans sucre ajouté.

Ce qu’il y a d’autre dans le pot

Reste un risque qui ne tient pas à la protéine elle-même : la contamination. Le laboratoire antidopage de Cologne a fait analyser 634 compléments alimentaires sans hormones déclarées, achetés dans 13 pays en 2001 et 2002. Environ 15 % contenaient des stéroïdes anabolisants, surtout des prohormones, absents de l’étiquette[11]. Pour un sportif contrôlé, c’est un test positif possible. Pour tout le monde, c’est un risque pour la santé.

Avant d’acheter une whey, lisez la liste d’ingrédients, cherchez l’origine du lait et vérifiez que le fabricant publie ses analyses, en particulier pour les métaux lourds. Notre whey est faite avec du lait collecté dans des fermes d’Auvergne, que nous avons filmées pour montrer d’où il vient, et sa fiche qualité publie ses analyses, dont l’absence de métaux lourds.

Si vous débutez, prenez une dose de 30 g par jour la première semaine, dans de l’eau, puis passez à deux si votre total de protéines le demande et que votre ventre ait suivi.

Sources

  1. Antonio J, Ellerbroek A et al. (2016). A High Protein Diet Has No Harmful Effects: A One-Year Crossover Study in Resistance-Trained Males. Journal of nutrition and metabolism. doi : 10.1155/2016/9104792
  2. Devries MC, Sithamparapillai A et al. (2018). Changes in Kidney Function Do Not Differ between Healthy Adults Consuming Higher- Compared with Lower- or Normal-Protein Diets: A Systematic Review and Meta-Analysis. The Journal of nutrition. doi : 10.1093/jn/nxy197
  3. Bauer JM, Mikušová L et al. (2020). Safety and tolerability of 6-month supplementation with a vitamin D, calcium and leucine-enriched whey protein medical nutrition drink in sarcopenic older adults. Aging clinical and experimental research. doi : 10.1007/s40520-020-01519-x
  4. Ikizler TA, Burrowes JD et al. (2020). KDOQI Clinical Practice Guideline for Nutrition in CKD: 2020 Update. American journal of kidney diseases : the official journal of the National Kidney Foundation. doi : 10.1053/j.ajkd.2020.05.006
  5. Vasconcelos QDJS, Bachur TPR et al. (2021). Whey protein supplementation and its potentially adverse effects on health: a systematic review. Applied physiology, nutrition, and metabolism = Physiologie appliquee, nutrition et metabolisme. doi : 10.1139/apnm-2020-0370
  6. Chitapanarux T, Tienboon P et al. (2009). Open-labeled pilot study of cysteine-rich whey protein isolate supplementation for nonalcoholic steatohepatitis patients. Journal of gastroenterology and hepatology. doi : 10.1111/j.1440-1746.2009.05865.x
  7. Shaukat A, Levitt MD et al. (2010). Systematic review: effective management strategies for lactose intolerance. Annals of internal medicine. doi : 10.7326/0003-4819-152-12-201006150-00241
  8. Pontes Tde C, Fernandes Filho GM et al. (2013). Incidence of acne vulgaris in young adult users of protein-calorie supplements in the city of João Pessoa–PB. Anais brasileiros de dermatologia. doi : 10.1590/abd1806-4841.20132024
  9. Sompochpruetikul K, Khongcharoensombat T et al. (2024). Whey protein and male acne: A double-blind, randomized controlled trial. The Journal of dermatology. doi : 10.1111/1346-8138.17109
  10. Morton RW, Murphy KT et al. (2018). A systematic review, meta-analysis and meta-regression of the effect of protein supplementation on resistance training-induced gains in muscle mass and strength in healthy adults. British journal of sports medicine. doi : 10.1136/bjsports-2017-097608
  11. Geyer H, Parr MK et al. (2008). Nutritional supplements cross-contaminated and faked with doping substances. Journal of mass spectrometry : JMS. doi : 10.1002/jms.1452

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